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sábado, 27 enero 2007
Papotage hivernal
Il neige, il neige, il n'arrête pas de neiger... Je ne voudrais pas me plaindre, parce que -hein- personne n'était content qu'il fasse plus de 10°C en décembre, mais je veux voir le soleil, des plantes vertes, des fleurs exotiques! Aaah... Je veux pouvoir me promener sans le gros manteau, et l'écharpe, et les gants, et le bonnet (la tuque, pour les québécois).
Cette folie est un peu irréaliste, puisque justement je rêvais aussi cette semaine que j'aimerai bien que Prince Charming soit assigné dans une église à Ottawa quand il finira son séminaire... Ottawa parce que bien que le climat soit plus froid qu'ici c'est la capitale du Canada, sans être une méga-grande ville il y a quand même des activités culturelles intéressante, et un super programme (.pdf) de traduction trilingue (en, fr, sp) à l'université. Une réoriantation que je considèrerais sérieusement si jamais on se retrouve dans se coin là...
En attendant, je me contente d'améliorer mon anglais et ma prononciation canadienne dans une job qui n'est pas très stimulante intellectuellement, mais qui remplit très bien le porte-monnaie, considérent que j'ai passé au moins 3 heures par jour à stuffer des enveloppes cette semaine (et des tas de trucs dans ce genre).
Ça m'a prit un moment pour être moi-même autour des collègues anglophones canadian born... Jusqu'à présent je ne savais pas comment être sérieuse sans paraître coincée, drôle mais sans raconter tous les détails de ma vie... Je (re)commence enfin à rire de mes maladresses (c'est très difficile de comprendre le nom des gens qu'on n'a jamais entendu avant, quand la ligne de téléphone n'est pas très bonne, qu'on a fait répéter l'idiot 3 fois déjà -and how do you spell it?-, alors j'invente plein de nom très chouettes ou ridicules -tout dépend du point de vue-), on me regarde comme si j'étais tarée, mais j'm'en fout. Ça me suit. Je crois que pour tout immigré ou personne qui apprend une nouvelle langue, il faut absolument ne pas avoir peur du ridicule, de se tromper, et de se faire traiter de bizarre par les plus ignorants, et ceux qui n'ont jamais eu besoin de s'intégrer dans une autre culture. Il y a des jours où je fais abstraction, pendant très longtemps je ne m'en rendait même pas compte puisque je faisais tout pour être "spéciale", mais il y a des jours où j'aimerai bien être "normale" aussi.
Mais qu'est-ce-que la normalité? Voilà un grand débat. Dans ma tête "normal" veut souvent dire "plate/boring", d'un autre côté c'est aussi un sentiment d'appartenance qui pique ma curiosité! C'est bien connu, on veut toujours ce que l'on n'a pas, et moi avec mon attirail de nationalités, mon plurilinguisme, ma bougeotte ancestrale, je n'ai jamais connu d'appartenance à quoi que se soit.
Comme on dit: l'herbe est toujours plus verte chez le voisin.
11:20 Anotado en French, Languages, Perso | Permalink | Comentarios (4) | Enviar a Email
Comentarios
J'aime bien ta réflection entre le normal et le spécial! Et je suis tout à fait d'accord : il ne faut ni avoir peur du ridicule ni peur d'en rire quand on doit vivre dans un autre pays que celui où l'on a grandit. Mais ca a l'air de bien se passer pour toi non? :-D
Anotado por: Fred de Suède | sábado, 27 enero 2007
Ta "normalité" ne tient pas qu'à toi, mais aussi (surtout?) au regard que les autres te portent. Effectivement, tant qu'on a pas eu à s'intégrer à une nouvelle ville, voire un nouveau pays, on ne rend pas compte: il faut s'approprier les lieux, la langue, les coutumes dans la vie perso et au boulot... C'est pas rien.
Sinon, c'est marrant, mais qd je discutais avec Ex, je trouvais pas qu'il avait un accent particulier. Autant les Québecois, tu les reconnais d'entrée, autant les Canadiens anglais, je leur ai pas trouvé d'accent... ça dépend peut-être des régions...
Anotado por: Sandrine | sábado, 27 enero 2007
Tu sais, on ne peut pas réellement apprendre sans d'abord être (un peu) ridicules. Je suis tellement timide et j'avais tellement honte de tout, qu'en arrivant en Afrique du Sud, je n'arrivais pas à communiquer avec les Sudafs. Je ne savais pas parler anglais. Mais mon père m'a dit qu'il ne m'aiderait pas. Qu'il ne pourrait pas me corriger comme le ferait les natifs. Donc il m'a forcé à me débrouiller. Je n'avais pas le choix. Aujourd'hui, l'anglais fait partie de mon imaginaire, de ma vie. Je ne serais pas moi sans l'anglais.
Et quant au "normal", quand j'écris, mes personnages doivent être soit nomades soit multiculturels. Je n'arrive pas à me mettre dans la peau d'une personne qui n'a jamais quitté sa région de toute sa vie alors que j'ai vécu dans trois continents...
C'est mon "normal" à moi ;)
Anotado por: Jo Ann v. | lunes, 29 enero 2007
> Fred: Ben oui, la leçon que j'ai apprise (et re-apprise) est qu'il ne faut jamais se prendre au sérieux! Mais c'est vrai aussi quand on vit dans son pays d'origine. :)
> Sandrine: Dans toutes les langues qui sont parlées sur cette planette, les gens s'expriment avec un accent. Même ceux qui se déclarent connaître le "standard" de leur langue, c'est une illusion fabriquée par leur égo.
> Jo Ann: Nous sommes normalement nomades :P
(tombées dedans quand nous étions petites!)
Anotado por: Lady Iphigenia | miércoles, 31 enero 2007


